Lignes Haute Tension

Le risque de leucémie associé à la proximité des lignes haute tension

Source: "British Medical Journal" (Journal Britannique de Médecine) (G. Draper, T. Vincent, M.E. Kroll, J. S wanson, "Childhood cancer in relation to distance from high voltage power lines in England and Wales : a case-control study", BMJ, vol. 330 : 1290, 4 juin 2005).

La plus vaste étude statistique sur le risque de leucémie chez les enfants vivant près de lignes à haute tension a été menée au Royaume-Uni.

Les recherches, menées par Gerald Draper de l'Université d'Oxford, aboutissent à une corrélation entre la distance des logements par rapport aux lignes hautes tension et la fréquence des cas de leucémies chez l'enfant. Les enfants qui vivent de 200 à 600 mètres d'une ligne haute tension auraient 20% de risque supplémentaires d'être atteints de leucémie, et ceux qui vivent à moins de 200 mètres auraient 70% de (mal)chances de plus que les enfants qui habitent à plus de 600 mètres.

Les chercheurs restent cependant prudents face à ces résultats. N'ayant pas d'explication biologique de ce phénomène, ils précisent que cette corrélation n'est pas forcément causale. Mais il s'agit tout de même de la plus large étude réalisée à ce jour. En effet, ce ne sont pas moins de 29000 enfants atteints du cancer, dont 9700 cas de leucémie, qui ont été pris en compte.

Ce n'est pas la première fois qu'une étude associe le risque de cancer avec la proximité des lignes électriques, mais jusqu'ici les études concernaient des distances beaucoup plus faibles, de l'ordre de 60 mètres. A ces distances on sait que le champ électromagnétique peut interférer avec la production nocturne de mélatonine, un antioxydant qui protège du cancer.

A plus grande distance, les effets du champ magnétique devraient être trop bas pour causer des effets sur la santé, on ignore donc par quel mécanisme la proximité des lignes pourrait être cancérogène. Une explication possible viendrait de l'effet corona. Les lignes électriques ioniseraient l'air qui se trouve aux alentours. Les ions produits réagiraient avec les polluants de l'air, ce qui augmenterait les chances qu'ils restent dans les poumons une fois inhalés. Il est cependant difficile de tester cette hypothèse, car il faut tenir compte de la production et du déplacement des ions en fonction de l'humidité de l'air et de la direction des vents.

Dautres scientifiques pensent que les dommages auraient pu avoir lieu in utero, ce qui rend les recherches encore plus complexes.


Quelques liens pour en savoir plus:

Article de l'OMS sur les champs basses fréquences

Article Wikipedia sur les lignes à haute tension

Article d'un site écologique